Dans l'enfer des tournantes
Samira Bellil, (1973-2004), est une éducatrice française, célèbre pour son livre-témoignage Dans l'enfer des tournantes.
Née en Algérie, fille d'une femme de ménage et d'un ouvrier, dans un quartier difficile de Seine-Saint-Denis, à quatorze ans, elle est séquestrée et violée par un ami du caïd du quartier. Elle écrivait que dans les quartiers « Une fille qui traîne, c'est une pute, donc qu'elle ne se plaigne pas s'il lui arrive des embrouilles. » Son violeur écope de huit ans de prison, qui entraînent Samira Bellil dans une errance dont elle sort grâce à une psychothérapie.
Elle devient proche du mouvement des « Ni putes ni soumises » et écrit un livre-témoignage qui connait une très grande diffusion : Dans l'enfer des tournantes (2002). Elle y dénonce les viols collectifs (tournantes) et la nécessité de dépasser le besoin de vengeance et le traumatisme. Son récit est dédié à ses « copines de galère pour qu'elles sachent qu'on peut s'en sortir » et à Boris Cyrulnik, psychologue qui plaide pour la résilience.
Devenue éducatrice en banlieue, elle affirme : « La cité, c'est plein de gens formidables qui essaient de s'en sortir courageusement. Car tous les petits gars de chez nous ne sont pas des violeurs, loin de là».
Elle est décédée le 7 septembre 2004 à l'âge de 31 ans d'un cancer de l'estomac.
Dans l'enfer des tournantes
Paru à l'automne 2002, cet ouvrage était "un témoignage capital et courageux sur un fait de société trop souvent occulté", a-t-il rappelé.Samira Bellil était devenue éducatrice en Seine Saint-Denis et son témoignage avait servi à terminer sa thérapie. "Je voudrais faire un livre pour que tout cela ne me soit pas arrivé pour rien. Je voudrais dire à celles qui ont subi ce que j'ai subi qu'il y a toujours un espoir de s'en sortir", écrivait-elle. Elle était gravement malade depuis quelques mois.Dans ce récit, ni larmoyant ni apitoyé, l'auteur raconte les viols collectifs qu'elle a subis à 13 ans dans sa cité de banlieue, mais aussi sa vie faite de violence dès l'enfance, les coups donnés par son père, la faiblesse de sa mère, la drogue, les "embrouilles" avec les autres filles de la cité qu'elle prend parfois pour des alliées. Elle dit aussi sa rancoeur contre la justice des pauvres.Elle va payer cher le fait d'avoir porté plainte contre l'organisateur de la "tournante" et sa bande, envoyés en prison. A la cité, on ne lui pardonne pas, sa mère met du temps à la comprendre, son père ne l'accepte jamais en "violée". Pour couronner le tout, son avocate, commise d'office, oublie de la prévenir de la date du procès, où elle ne peut donc pas témoigner. Heureusement, un avocat finira par être touché par son histoire et lui obtiendra une indemnisation


Commentaires
lola le 07/10/2005 à 10:47:22J'ai vraiment adoré ce livre !! Je me suis retrouvé plongé dans l'univers des citées que je connais trop bien ! Respect et repos éternel pour Samira...
syldom le 08/10/2005 à 16:10:38
Tu vois que j'ai bien fait de te passer ce bouquin ! Je savais que tu aimerais !!! J'en étais sure ...;-)
lola le 08/10/2005 à 16:11:59
Viii !! t'avais raison !! merci Sylvie !! ;-)